Entretien avec Jean blaise
Article publié dans Ouest-France du 13 mars 2009
Estuaire 2009, Jean Blaise persiste et signe
Estuaire 2009, Jean Blaise persiste et signe
La 2e édition de la biennale d'art contemporain débute le 5 juin prochain. L'art en temps de crise ? Une conviction et un enjeu.
Entretien avec Jean Blaise, directeur du Lieu unique et créateur d'Estuaire.
Quel bilan dressez-vous aujourd'hui de la première édition ?
C'est une manifestation très complexe à mettre en place. Une des rares en Europe à prendre en compte un territoire et non pas un seul lieu. Les vingt-cinq projets qui la composent sont autant d'entreprises différentes. D'autre part, c'est un événement transversal à la fois artistique, culturel, touristique. La satisfaction, c'est que tout le monde s'est emparé de l'événement : le public, les associations, les collectivités, les chambres de commerce... On estime la fréquentation autour de 700 00 passages.
On nous reproche le coût de la manifestation : 7, 5 à 8 millions d'euros pour chaque édition. Ça paraît énorme, mais il faut considérer le projet dans sa durée : on met en place un parcours pérenne de tourisme culturel d'envergure qui réunit des artistes de renommée internationale : Buren, Varini, Wurm, Kawamata, Maruyama... et d'autres à découvrir.
On nous reproche le coût de la manifestation : 7, 5 à 8 millions d'euros pour chaque édition. Ça paraît énorme, mais il faut considérer le projet dans sa durée : on met en place un parcours pérenne de tourisme culturel d'envergure qui réunit des artistes de renommée internationale : Buren, Varini, Wurm, Kawamata, Maruyama... et d'autres à découvrir.
Où en êtes-vous des différents litiges en cours : le bateau mou, le canard géant, la maison dans la Loire ?
Concernant le bateau d'Erwin Wurm au Pellerin, nous avions une autorisation temporaire. On s'est fait retoquer lors du deuxième passage devant la commission des sites. L'oeuvre a une vraie cote d'amour partagée par des gens très différents. Si on l'enlève, il y a de gros risques qu'elle s'abîme. Je l'ai signalé au préfet. On en est là...
Au cours de la première édition, deux accidents nous ont été très dommageables, car il s'agissait de projets très médiatisés. Dans les deux cas, nous avions demandé des études à des bureaux d'experts avec lesquels nous sommes toujours en procès. Concernant le canard géant de Florentijn Hofman, il y a un problème de faisabilité et de fabrication. C'est pour ça que nous allons gagner. On ne le reverra malheureusement jamais sur la Loire.
Mais, nous allons réinstaller la Maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult pour l'édition 2011.
Au cours de la première édition, deux accidents nous ont été très dommageables, car il s'agissait de projets très médiatisés. Dans les deux cas, nous avions demandé des études à des bureaux d'experts avec lesquels nous sommes toujours en procès. Concernant le canard géant de Florentijn Hofman, il y a un problème de faisabilité et de fabrication. C'est pour ça que nous allons gagner. On ne le reverra malheureusement jamais sur la Loire.
Mais, nous allons réinstaller la Maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult pour l'édition 2011.
Vous êtes prêts pour la deuxième édition qui va débuter le 5 juin prochain ?
Le budget est bouclé. Nous effectuons quelques ajustements. On repart avec les mêmes partenaires privés à l'exception d'une entreprise du secteur immobilier. Et avec de nouvelles communes et communautés de communes : Saint-Brévin et le Sud Estuaire. Malgré le discours agressif et défaitiste de l'opposition, nous allons montrer que le monde économique et les collectivités territoriales sont avec nous. Estuaire participe à l'aménagement du territoire et à l'identification de la métropole Nantes-Saint-Nazaire à l'échelle européenne. Ceux qui vivent sur le territoire : les associations, les élus, les chambres de commerce l'ont compris.
Vous vous attendez quand même à une forte opposition ?
Certains vont juger le budget indécent en temps de crise. Mais, c'est oublier un peu vite les retombées économiques locales : 4, 5 millions d'euros, deux cents entreprises concernées tous services confondus, cent dix salariés (permanents, CDD, techniciens, médiateurs...) pour un volume salarial de l'ordre d'1, 8 million d'euros.
Par ailleurs, l'art fera toujours débat. Il y aura toujours des gens pour trouver ça nul ou laid. Ce sont des clivages qui traversent le grand public comme le sérail. Moi, je fais mon métier en créant ce débat. Ça s'appelle la médiation culturelle. Ce n'est pas de la poudre aux yeux que faire une place à l'art dans l'espace public. Je crois même que c'est un enjeu majeur porteur d'avenir. À Nantes on est « condamné » à créer du patrimoine. D'où l'importance d'une politique d'urbanisme et culturelle audacieuse.
Je sais bien que je ne convaincrai jamais tout le monde, mais je pense qu'on exagère aussi beaucoup le discours critique des gens. Je suis toujours surpris et ravi de la façon dont les anneaux de Buren sont perçus par les promeneurs. Ils font partie aujourd'hui du paysage et de l'imaginaire de Nantes.
Par ailleurs, l'art fera toujours débat. Il y aura toujours des gens pour trouver ça nul ou laid. Ce sont des clivages qui traversent le grand public comme le sérail. Moi, je fais mon métier en créant ce débat. Ça s'appelle la médiation culturelle. Ce n'est pas de la poudre aux yeux que faire une place à l'art dans l'espace public. Je crois même que c'est un enjeu majeur porteur d'avenir. À Nantes on est « condamné » à créer du patrimoine. D'où l'importance d'une politique d'urbanisme et culturelle audacieuse.
Je sais bien que je ne convaincrai jamais tout le monde, mais je pense qu'on exagère aussi beaucoup le discours critique des gens. Je suis toujours surpris et ravi de la façon dont les anneaux de Buren sont perçus par les promeneurs. Ils font partie aujourd'hui du paysage et de l'imaginaire de Nantes.
Propos recueillis parYves AUMONT.
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